Mûrier platane fruit : à quelle période apparaît la fructification ?

Trois ans, parfois cinq, ou même davantage : le mûrier platane ne se plie à aucun agenda fixe pour offrir ses fruits. Chaque arbre trace sa propre trajectoire, influencée par l’endroit où il s’enracine, la façon dont on le taille, ou la patience de celui qui l’accompagne. Un coin d’ombre et la production attendra, un abri au sud et voilà la surprise d’une fructification précoce. D’une saison à l’autre, les jardiniers expérimentés le savent : ce géant feuillu ne se laisse jamais vraiment prédire, même entre arbres du même âge, plantés côte à côte.

Mûrier platane : un arbre généreux à découvrir au jardin

Le mûrier platane (Morus kagayamae, Morus bombycis, Morus platanifolia) ne passe jamais inaperçu. Sa couronne large et fournie, dessinée pour projeter une ombre dense, devient vite le refuge préféré des étés brûlants. Originaire du Japon et de l’Extrême-Orient, il a trouvé sa place en France, qu’il s’agisse des allées méridionales ou du cœur urbain de Paris, apprécié pour sa capacité à transformer un coin banal en havre de fraîcheur.

Impossible de confondre ses feuilles, larges et profondément découpées, qui rappellent celles du platane. Leur vert profond embrase le jardin jusqu’à l’automne, avant de virer au jaune éclatant et de tapisser le sol. La croissance, d’abord vive, ralentit ensuite pour donner à l’arbre sa forme adulte : souvent 8 à 10 mètres d’envergure, pour une hauteur qui tutoie les 15 mètres. Sa résistance aux hivers rudes, parfois jusqu’à -20°C, en fait un allié fiable dans bien des régions.

Pour permettre à cet arbre vigoureux de s’installer durablement, un sol profond, filtrant l’eau sans excès, donne les meilleurs résultats. Grâce à sa nature robuste, le morus kagayamae s’adapte aussi bien aux hivers lyonnais qu’aux étés montpelliérains. Mieux vaut prévoir de l’espace : comptez 6 à 8 mètres entre deux sujets adultes, et gardez 5 à 6 mètres de retrait avec les bâtiments. Les racines s’étendent en force mais restent moins envahissantes que celles du saule, ce qui facilite leur intégration en ville et leur tolérance à la pollution.

Au jardin, le mûrier platane ne se contente pas d’être décoratif. Certaines variétés, comme Morus platanifolia ‘Fruitless’, restent stériles, parfaites pour les espaces fréquentés où l’on souhaite éviter les taches. D’autres, au contraire, ravissent les gourmands avec leur abondance de fruits comestibles. La floraison, discrète, se glisse au printemps sous forme de petits chatons blanc-vert. L’arbre, monoïque, porte sur la même ramure fleurs mâles et femelles : une condition indispensable pour voir apparaître les grappes de fruits tant attendues.

Pensez à une taille modérée en automne ou pendant l’hiver pour préserver la silhouette et la vitalité de l’arbre. Quant aux indésirables comme les pucerons ou les cochenilles farineuses, il existe des solutions naturelles. Voici quelques plantes compagnes à privilégier pour limiter leur présence :

  • Menthe
  • Thym
  • Souci
  • Lavande
  • Gattilier

En parallèle, les coccinelles et les guêpes contribuent à maintenir l’équilibre et à protéger l’arbre sans intervention chimique.

Jeune récoltant des mûres sur une branche dans un parc

À quelle période apparaissent les fruits et comment réussir leur récolte ?

La saison de la fructification du mûrier platane commence le plus souvent dès le début de l’été. Dès la fin juin, les grappes, que l’on appelle à tort mûres, pointent à l’aisselle des feuilles. Cette maturation suit quelques étapes bien distinctes :

  • D’abord, les fruits affichent une teinte rouge
  • Puis, en quelques jours, ils foncent jusqu’à devenir noirs à pleine maturité

Sous la canopée touffue, ce changement de couleur signale le moment idéal pour récolter.

La cueillette s’échelonne généralement de fin juin à fin juillet. Les étés chauds accélèrent la maturation, tandis qu’un printemps frais peut retarder les premiers fruits de près de deux semaines. Lorsqu’ils sont mûrs, ils se détachent sans résistance et débordent de jus sucré. Pour éviter les désagréments, il vaut mieux anticiper :

  • Étendez une bâche ou de vieux draps sous l’arbre
  • Car les fruits tombés marquent durablement les dalles, les terrasses ou les chemins

Privilégiez la récolte tôt le matin, une fois la rosée dissipée et avant que la chaleur ne s’installe. Les fruits du mûrier platane se savourent frais, mais se prêtent aussi très bien à la confection de confitures, de sorbets, de sirops ou de tartes. Leur chair délicate impose quelques précautions :

  • Entreposez-les aussitôt au frais
  • Manipulez-les avec soin, car leur jus colore définitivement tissus et doigts

Pour les variétés stériles comme Morus platanifolia ‘Fruitless’, aucune récolte à prévoir : leur sélection vise justement à éviter toute production, un choix judicieux dans les lieux sensibles aux salissures. Les autres espèces du genre Morus, telles que morus alba, morus nigra ou morus rubra, suivent un calendrier de maturation proche, mais offrent des fruits aux goûts et couleurs variés. Chaque arbre révèle alors, au fil des semaines, sa propre partition fruitière, oscillant entre patience, abondance et découvertes inattendues sous les branches ombragées.