Le fumier d’ortie fertilise et renforce les plantes. C’est ce qui convainc tous les jardiniers. Et surtout, c’est très facile à réaliser.
Comment préparer un purin d’ortie efficace ?
Doper ses plantes avec un extrait d’ortie, c’est miser sur une recette à la fois simple et redoutablement efficace. Les instructions sont à la portée de tous : il suffit d’un peu de méthode et vos plantes profiteront de tous ses bienfaits.
Récolter les orties : où et comment s’y prendre ?
L’ortie pousse là où la terre regorge de nutriments. Dans ces zones, elle puise de l’azote, du potassium, du calcium et de la silice , des éléments dont raffolent les végétaux du jardin. Mais pour récolter, mieux vaut s’y prendre avant la floraison ou la montée en graines. Prévoyez des gants solides et des manches longues : l’ortie se défend bien. Sans cette précaution, vous risquez d’apprendre à vos dépens comment fonctionnent ses poils urticants.
Hacher finement pour accélérer la fermentation
Le secret d’un bon purin, c’est la taille des morceaux. Plus vous coupez menu, plus la macération démarre vite. Un bon sécateur fait des merveilles pour obtenir des fragments réguliers.
Côté récipient, optez pour un fût en bois ou en plastique, jamais en métal. Versez-y vos orties hachées, recouvrez d’eau de pluie, puis installez le tout à mi-ombre. Ne fermez pas hermétiquement : une simple toile ou un filet suffit. Plus il fait chaud, plus la fermentation s’accélère.
Astuce pratique : Enfermez les orties dans un filet avant de les plonger dans l’eau. Une fois la fermentation terminée, vous retirerez sans difficulté les résidus. Vous obtenez ainsi un purin limpide, prêt à l’emploi.
Dans certains cas, on ajoute d’autres plantes comme la prêle. Fermentées, bouillies ou pressées, elles donnent aussi des extraits à pulvériser ou à arroser directement sur vos cultures.
Remuer régulièrement : pourquoi c’est indispensable
Un coup de bâton chaque jour : voilà la routine à adopter. Cette agitation accélère la fermentation. Pour atténuer l’odeur tenace, une poignée de poudre de roche peut être ajoutée. Selon la saison, le purin sera prêt après une à trois semaines. Au printemps, il faut compter deux à trois semaines, contre une seule en été. Dès que le mélange ne mousse plus, il est temps de couvrir le fût et de prélever le liquide à la demande.
Appliquer le purin d’ortie : mode d’emploi
Avant d’utiliser votre purin, il faut le diluer : comptez environ 1:10 à 1:20 avec de l’eau. Pour les herbes, laitues, carottes ou une action rapide sur le feuillage, diluez davantage (jusqu’à 1:50). Utilisez un arrosoir sans pomme pour verser la solution sur la terre, jamais sur le feuillage. Privilégiez les arrosages en soirée, l’odeur étant plus discrète et la plante moins exposée au soleil. Enfin, un paillis viendra protéger le sol après l’arrosage.
Nul besoin d’en abuser : pour les légumes gourmands comme la tomate, le chou, le céleri ou le concombre, un apport toutes les deux semaines suffit. En revanche, les plantes plus sobres (pois, haricots, oignons, ail) supportent mal les purins trop concentrés.
Les chercheurs se sont penchés sur ces préparations artisanales. Le purin d’ortie renferme, au-delà des principaux nutriments, des oligo-éléments et des substances qui stimulent la croissance. Certaines composantes agissent discrètement : elles rendent assimilables des minéraux du sol, dynamisent le système racinaire, et cela se mesure vite dans la vigueur retrouvée des plantes. Les feuillages d’un vert pâle reprennent des couleurs intenses, signe d’une santé retrouvée.
Préparations naturelles pour booster vos cultures
Voici un aperçu de différentes recettes à base de plantes, chacune ayant ses usages bien spécifiques :
- Purin (engrais et fortifiant) : Hachez 1 kg de plantes fraîches (ou 100 à 200 g de plantes sèches, consoude, ortie, souci…). Placez-les dans 10 litres d’eau froide (jamais dans du métal). Remuez chaque jour. Après une à trois semaines, le liquide est foncé, sans mousse. Diluez à 1:10 ou 1:20, voire 1:50 pour une application foliaire.
- Décoction (répulsif et fortifiant) : Pour la prêle, le raifort ou la tanaisie, hachez 1 kg de plantes fraîches (ou 100 à 200 g de sèches). Laissez tremper 24 h dans l’eau de pluie, puis faites frémir 30 à 45 minutes. Refroidissez, filtrez, puis pulvérisez pur ou dilué à 1:50. À utiliser rapidement, car la conservation reste limitée.
- Infusion (répulsif et fortifiant) : Recouvrez les plantes fraîches ou sèches d’eau chaude, couvrez et laissez infuser 30 à 60 minutes. Filtrez, refroidissez, puis vaporisez généralement pur sur les végétaux. Sauge et thym en infusion éloignent les ravageurs, l’ail protège du mildiou et autres champignons. Les extraits à l’eau froide conviennent si la chaleur détruirait des composés précieux (comme avec la camomille). Laissez tremper les herbes 24 h dans de l’eau froide, pressez, puis utilisez dilué ou pur. Ces extraits se consomment très vite : dans la journée ou le lendemain au plus tard.
Les plantes stars des purins et décoctions
Ortie
Ses feuilles servent de paillis nourrissant. Fermentées en purin, elles boostent la croissance des légumes et des herbes gourmandes (menthe, basilic…). En plus de renforcer le système racinaire, elles stimulent la vie microbienne du sol. En infusion, l’ortie agit aussi contre les pucerons.
Tanaisie
La pyréthrine contenue dans la tanaisie agit comme un insecticide de contact, mais sans distinction d’espèce. Prudence : attendez trois jours après traitement avant de consommer fruits et légumes traités.
Prêle des champs
Rien ne vaut la prêle pour renforcer les plantes contre les champignons. Grâce à sa richesse en silice, elle solidifie les parois cellulaires. Les maladies fongiques et certains insectes y trouvent un sérieux obstacle. En décoction, elle s’utilise en prévention sur concombres, courgettes et rosiers.
Consoude
Autrefois utilisée en médecine, la consoude est aujourd’hui le secret des jardiniers pour enrichir le sol en potassium. Elle favorise la fructification des tomates, pommes de terre et petits fruits rouges.
Purin d’ortie : des usages variés au jardin
Un verger résistant aux maladies
La décoction de prêle est plébiscitée pour la prévention des maladies fongiques (mildiou, tavelure, moniliose, rouille…). Le purin d’absinthe, quant à lui, repousse certains insectes et limite la rouille sur groseilliers. Après chaque pluie, pensez à renouveler les pulvérisations sur les parties sensibles ou directement sur la zone racinaire.
Ornementales sans pucerons
L’ortie n’est pas qu’un engrais : elle fait front contre les pucerons. Pour fortifier les rosiers, rien de tel qu’un arrosage au purin d’ortie, suivi de pulvérisations régulières de décoction de prêle. Les infusions de sauge ou de thym éloignent les fourmis, l’extrait ou le thé d’ortie combat les pucerons lorsqu’il est vaporisé, pur, sur l’envers et l’endroit des feuilles. Répétez chaque semaine pour une efficacité maximale.
Légumes robustes et savoureux
Dans le potager, associez purins d’ortie et de consoude : ils apportent azote, potassium et oligo-éléments. Pour préparer celui à la consoude : faites fermenter 1 kg de feuilles fraîches (ou 150 g de sèches) avec quelques poignées de fleurs de souci dans 10 litres d’eau. Utilisez sur les légumes-fruits ou en ajout au compost, dilué à 1:10, une fois par semaine.
Un jardin qui respire la santé, des récoltes plus généreuses, des feuillages d’un vert éclatant : voilà la promesse discrète mais puissante du purin d’ortie. Reste à observer, saison après saison, comment la nature reprend le dessus, stimulée par quelques gestes simples et un vieux savoir retrouvé.





